Laisser son chien se déplacer librement dans l’habitacle pendant un trajet peut sembler anodin. En réalité, c’est à la fois risqué pour la sécurité… et passible d’une sanction. Que dit exactement le Code de la route ? Quelles sont les bonnes pratiques pour voyager sereinement avec votre compagnon à quatre pattes, et ce que cela peut aussi impliquer pour votre assurance auto ? On fait le point, sans jargon inutile.
Selon une enquête IFOP menée en juillet 2020, 52 % des habitants de la France possèdent au moins un animal domestique : 33 % un chat, 25 % un chien. Autant dire que les trajets en voiture avec un canidé font partie du quotidien de nombreux conducteurs. Balade, vacances, vétérinaire… Les occasions ne manquent pas. Mais transporter un chien ne s’improvise pas, pas plus que le transport d’un chat en voiture. Une mauvaise installation peut transformer un simple freinage en situation dangereuse, et entraîner des sanctions lors d’un contrôle routier, comme l’amende si une personne est transportée dans le coffre.
Le chien n'est pas considéré comme un passager, cependant…
À première vue, le Code de la route ne prévoit aucune règle spécifique dédiée au transport des animaux de compagnie. Pourtant, deux articles peuvent parfaitement s’appliquer lorsque votre chien monte à bord :
- l’article R. 412-1 : « En circulation, tout conducteur ou passager d'un véhicule à moteur doit porter une ceinture de sécurité homologuée dès lors que le siège qu'il occupe en est équipé. »
- l’article R. 412-6 : « Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent. Ses possibilités de mouvement et son champ de vision ne doivent pas être réduits par le nombre ou la position des passagers, par les objets transportés ou par l'apposition d'objets non transparents sur les vitres. »
Autrement dit, même en l’absence de texte dédié aux animaux, le conducteur reste pleinement responsable de ce qu’il transporte — y compris son chien. Si la sécurité ou la visibilité est compromise, une verbalisation est possible.
L’article R. 412-1, en revanche, ne s’applique pas aux animaux. En droit français, les chiens ne sont pas assimilés à des passagers, comme peuvent l’être des enfants à bord, mais à des biens dotés d’un statut particulier. Ils ne peuvent donc pas, juridiquement parlant, être soumis à l’obligation du port de la ceinture. Même si des systèmes existent pour se fixer sur la boucle de sécurité lors du transport d’animaux en voiture, une contravention fondée uniquement sur ce texte peut être contestée.
Attention toutefois à ne pas en tirer de conclusions hâtives. Ce n’est pas parce que votre chien n’est pas un passager qu’il peut circuler librement dans la voiture. L’article R. 412-6 change la donne.
Un chien qui saute sur vos genoux, traverse l’habitacle ou vous gêne lors d’une manœuvre constitue une entrave directe à la conduite avec des passagers. Dans ce cas, l’infraction est caractérisée. Vous encourez une contravention de deuxième classe : 35 € d’amende forfaitaire, minorée à 22 € si réglée rapidement, majorée jusqu’à 75 €, voire 150 € en cas de contestation infructueuse devant le tribunal de police. Les règles de circulation restent strictes, y compris pour la circulation d’une voiture sans permis sur autoroute.
Conclusion pratique : votre chien doit être installé de manière à ne jamais réduire votre liberté de mouvement ni votre champ de vision, surtout avant un long trajet en conduite accompagnée. Le coffre ou la banquette arrière, avec un dispositif adapté, sont les seules options acceptables.
Opter pour un dispositif adapté à son chien
Il n’existe pas de solution universelle. Le bon équipement dépend à la fois de la taille de votre chien et de la configuration de votre véhicule. Pour les chiens transportés dans le coffre, les grilles ou filets de séparation sont très répandus. Ils empêchent l’animal de passer à l’avant, tout en lui laissant un minimum de liberté et en vous aidant à rester attentif aux piétons en conduisant et à préserver la sécurité des enfants à bord.
Gardez toutefois en tête qu’en cas de choc ou de freinage brutal, un chien non attaché peut être projeté. Pour renforcer la sécurité quand on conduit avec un animal en voiture, beaucoup de conducteurs optent pour une laisse de sécurité fixée à la boucle de la ceinture de votre véhicule. Elle doit impérativement être reliée à un harnais, jamais à un collier, afin d’éviter tout risque d’étranglement ou de lésions cervicales.
Autre option fiable : la caisse de transport. Placée dans le coffre ou sur la banquette arrière, elle offre un cadre rassurant pour l’animal. Sur un siège arrière, comme pour des passagers à l’arrière, la caisse doit être solidement attachée avec une ceinture de sécurité, afin d’éviter qu’elle ne se transforme en projectile en cas d’accident.
Un point ne souffre aucune exception : le siège passager avant est à proscrire, comme le rappellent certaines règles quand on conduit avec un passager. Même correctement attaché, un chien installé à l’avant détourne l’attention du conducteur et constitue une distraction permanente, ce qui peut aussi avoir des conséquences sur son assurance auto en cas d’accident. Les chiens ne doivent donc jamais être transportés sur le siège passager avant, quel que soit le dispositif utilisé.
Un trajet bien préparé, c’est moins de stress pour vous… et beaucoup plus de sécurité pour votre chien. Finalement, quelques précautions suffisent pour voyager en règle et l’esprit tranquille.