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Paris est une ville sujette à la pollution et à la circulation. Il faudrait y planter une forêt de la taille de l'Ile-de-France.

Paris figure parmi les villes les plus encombrées d’Europe. Selon TomTom, les embouteillages génèrent des émissions de CO2 colossales. À tel point qu’il faudrait une forêt de 11 000 km² pour les compe...

Pierre Lemonnier · (maj. 29 avril 2026)

Paris est régulièrement citée parmi les grandes métropoles confrontées à une circulation dense en ville et à une pollution atmosphérique élevée. Chaque année, le fabricant de GPS TomTom publie une étude de référence sur les villes les plus encombrées au monde. En 2021, la capitale française se classe à la 37e place. Un rang qui en dit long sur la pression exercée par le trafic routier en Île-de-France, dans un contexte de changements récents pour les conducteurs à la rentrée 2022.

Car derrière les chiffres de congestion se cache une réalité plus lourde encore : le trafic routier de la région parisienne génère 13,80 mégatonnes de dioxyde de carbone par an. Une empreinte environnementale massive, dont une part significative est directement liée aux embouteillages, un enjeu au cœur des règles de circulation liées aux émissions, mais aussi des questions de budget voiture souvent plus élevé hors des villes.

Depuis 11 ans, TomTom, spécialiste des logiciels de planification d’itinéraire et des systèmes de navigation GPS, publie un indice basé sur des données de trafic en temps réel. L’outil permet de comparer 404 villes et 58 pays, offrant une photographie assez fidèle de la congestion urbaine à l’échelle mondiale, y compris sur des enjeux locaux comme la circulation des véhicules les plus polluants dans le Grand Paris, ou encore le report de l’interdiction des véhicules Crit’Air 3.

L’année 2020 a marqué une parenthèse. La pandémie de Covid a profondément modifié les habitudes de déplacement. En 2021, pourtant, la circulation est repartie. Une nuance positive subsiste : selon TomTom, le nombre d’embouteillages dans le monde a diminué de 10 % par rapport à 2019. Un recul réel, mais fragile, qui rappelle aussi l’importance pour les automobilistes de choisir une assurance auto bien adaptée.

La ville la plus encombrée est...

Sans surprise pour les habitués des grandes mégapoles et de la conduite en ville, Istanbul arrive en tête du classement 2021. La ville affiche un taux record de 62 % d’embouteillages. Concrètement, un trajet y prend 62 % de temps en plus que lorsqu’il est fluide. Elle détrône ainsi Londres, selon les données TomTom.

Derrière Istanbul, la congestion reste extrême : Moscou (61 %), Kiev (56 %), puis Bogota et Bombay complètent le haut du classement. Des villes où la voiture demeure centrale, et où les infrastructures peinent à absorber la demande.

Embouteillages à Paris : 6 jours par an perdus dans les bouchons

Paris n’échappe pas à la règle. Classée 42e en 2020, la capitale grimpe à la 37e place en 2021, signe d’une dégradation des conditions de circulation. Le taux d’embouteillage atteint désormais 36 %.

Dans la vie quotidienne, l’impact est très concret. Selon France Bleu, les automobilistes parisiens auraient perdu 144 heures dans les bouchons en 2021. L’équivalent de 6 jours entiers par an, passés à l’arrêt ou au ralenti.

C’est 11 heures de plus qu’en 2020, une année atypique marquée par le Covid, mais moins qu’en 2019, où Paris culminait à 164 heures perdues. D’après Detours, spécialiste de la mobilité urbaine, le télétravail a bien modifié les heures de pointe, mais son effet reste limité dans l’agglomération parisienne.

Planter une forêt de 11 000 km² pour compenser la pollution

Depuis peu, l’indice TomTom va plus loin. Il intègre désormais une estimation de l’impact environnemental du trafic routier pour quatre grandes villes, dont Paris, utilisées par des applis comme Google Maps ou Waze. Résultat : 13,80 mégatonnes de CO2 émises chaque année, dont 1,85 mégatonne uniquement à cause des embouteillages.

Pour compenser ces émissions, TomTom avance un chiffre frappant : il faudrait planter une forêt de 11 000 km², soit l’équivalent de la superficie de la Jamaïque. Une image forte, presque irréaliste, qui souligne l’ampleur du problème.

Face à ce constat, Detours évoque une autre piste : augmenter massivement la part de véhicules électriques dans le trafic parisien. En faisant passer leur proportion de 4 % à 50 %, les émissions de CO2 pourraient être réduites de moitié. Attention toutefois : la voiture électrique n’a pas d’effet direct sur les embouteillages. Elle réduit la pollution d’échappement, mais pas celle liée à l’usure des pneus, ni la saturation des routes, un point clé quand on s’intéresse à l’impact environnemental des déplacements routiers.

À propos de l'auteur

Pierre Lemonnier

Moniteur d'auto-école diplômé BEPECASER (2008), 16 ans d'expérience en filière AAC dans le nord de la France. Membre de l'équipe éditoriale de Ma Conduite AAC depuis 2024.

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