Un changement de réglementation pourrait bien rebattre les cartes pour nos applications de navigation préférées. En ligne de mire : les calculs d’itinéraires et les fameuses déviations intelligentes. Un nouveau décret s’apprête à limiter certaines pratiques, avec des conséquences très concrètes pour les automobilistes. Décryptage.
Depuis plusieurs années, Waze et Google Maps dominent largement le marché des applications de navigation connectée. Leur force ? Calculer des itinéraires en temps réel pour vous faire éviter les bouchons, parfois au prix de détours par des routes secondaires. Un service redoutablement efficace, que la plupart des GPS traditionnels ne proposent pas.
Mais cette logique de dispersion du trafic ne fait pas que des heureux. Riverains excédés, routes inadaptées, circulation dense là où elle n’était pas prévue… Les pouvoirs publics ont décidé d’agir.
Contraintes pour les itinéraires de Waze et Google Maps
Si Waze et Google Maps parviennent à fluidifier le trafic, c’est parce qu’ils orientent parfois les conducteurs vers des voies secondaires. Or, cette stratégie peut générer des situations complexes, voire dangereuses, sur des axes non conçus pour un trafic intensif.
Pour répondre à ce problème, un nouveau décret publié le 3 août au Journal Officiel vise à encadrer les services de navigation et, plus largement, certaines pratiques liées à la vitesse des véhicules et à certaines innovations en matière de sécurité routière. Comme le rappelle l’article D.115-20 du code des transports, les règles deviennent plus strictes : « les services numériques d’assistance au déplacement s’efforcent de proposer à l’utilisateur un itinéraire évitant un usage massif de voies secondaires non prévues pour du trafic intensif ».
Un arrêté du ministre des Transports doit également préciser la liste des événements routiers concernés. Concrètement, les applications devront progressivement limiter certaines déviations jugées excessives. Résultat : des trajets parfois plus classiques, mais mieux adaptés aux infrastructures locales et aux règles de sécurité comme l’usage du téléphone au volant ou encore rouler à 110 km/h pour économiser du carburant.
Messages de sensibilisation et baisse de la vitesse maximale : ce qui va changer
Le décret du 3 août 2022 ne s’arrête pas là. Il impose aussi de nouvelles obligations à Waze et Google Maps, notamment l’affichage d’une estimation des émissions de CO2 pour certains trajets. Une manière d’intégrer davantage les enjeux environnementaux dans la navigation du quotidien, dans la même logique que la fin de la vignette verte d’assurance auto et que certaines nouveautés récentes du code de la route.
Autre évolution notable : « les services numériques d’assistance aux déplacements proposent un itinéraire alternatif prenant en compte une diminution de la vitesse maximale de 20 km/h ». Les utilisateurs pourront également recevoir des messages de sensibilisation et des informations sur les possibilités de multimodalité, comme l’alternance entre voiture personnelle et son assurance auto adaptée, transports en commun ou mobilités douces, évoquées aussi dans notre zapping consacré à la mobilité.
À terme, ces ajustements pourraient modifier l’expérience de navigation. Moins de raccourcis malins, plus de pédagogie appuyée par certaines technologies innovantes pour une conduite plus sûre… et peut-être une efficacité perçue en baisse pour les habitués des trajets optimisés à la seconde près, notamment pour les conducteurs français.
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